Château des Tilleuls

Le château des Tilleuls à Stenay

Entre 1879 et 1881, Henri du Verdier acquiert une partie des terrains et jardins situés entre l’avenue des Tilleuls et le chemin de Cervisy. Marié à Marie Eugénie Drappier, fille de banquier et d’industriel, il exerce la profession de rentier.

Il fait construire sur cette nouvelle propriété de luxueuses écuries et une magnifique bâtisse dénommée par les Stenaisiens ; château des Tilleuls. La propriété est ceinte d’un mur de pierre doté d’un somptueux portail en fer forgé aussi reluisant et sophistiqué que les grilles de la place Stanislas aux dires des personnes qui l’ont contemplé. Du côté de la rue des bas remparts, l’édifice affiche une architecture assez sobre sur une perspective relativement bouchée.

Entrée du château des Tilleuls avec poste de garde

À l’inverse, côté parc, la façade principale présente une structure rappelant le style Renaissance avec de grandes fenêtres rectangulaires surmontées d’un linteau en forme d’accolade horizontale. Une magnifique terrasse en avant du corps principal du château est accessible depuis le parc par deux escaliers en arc de cercle et donne une vue plongeante jusqu’au faubourg de Cervisy. Sur les côtés de cette façade, deux tours, dont une polygonale à terrasse, se dressent majestueusement. De nombreux motifs décoratifs ornent l’ensemble.

Château des Tilleuls, façade coté parc

Le château dispose d’une machine à vapeur et d’une citerne d’eau en élévation qui demeure toujours visible depuis la rue des Remparts. À l’intérieur, sont aménagés salon, bibliothèque, salle à manger, dix chambres, trois cabinets de toilette et quatre salles de bain. Pour ses besoins, l’édifice nécessite le concours, à demeure, de cinq employés. À la mort d’Henri du Verdier, l’ouvrage est occupé par sa veuve puis, par sa petite fille.

Vue du château depuis la rue Albert Toussaint. On devine, à gauche, le château d’eau.

Au début de la Grande Guerre, le château des Tilleuls abrite l’état-major de la IVe armée commandée par le général de Langle de Cary, pendant la bataille des frontières. Après la débâcle, du 22 août 1914, de Langle porte son état-major à Le Chesne, dans les Ardennes. Au début de septembre 1914, la Ve armée allemande établit son Haut Commandement à Stenay (AOK5). Le château des Tilleuls sert de résidence au Kronprinz impérial. Il y reçoit les dignitaires de l’empire ainsi que les généraux et officiers supérieurs. Il procède à la remise de décorations et organise des banquets.

Le 4 février 1915, il accueille sa femme, la Kronprizessin. Cette grande dame, malgré son visage souriant et ses manières avenantes, n’a pas le don d’exciter l’enthousiasme des Stenaisiens. Le lendemain de son arrivée, une quinzaine d’avions français survolent le château et lancent des obus et des fléchettes meurtrières sur les soldats de la Garde. Affolée, la jeune princesse n’achève pas sa nuit. Une automobile la conduit en lieu sûr ; elle ne reviendra plus jamais à Stenay.

À la fin de la guerre, le château est soumis à un pillage en règle. Une ancienne chambre que l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, utilisa au château de La Malmaison, est emmenée en Allemagne.

Vue sur la grille d’entrée avec 4 Américains après l’offensive Meuse-Argonne

En 1924, Suzanne d’Amazit (fille du Verdier) vend la propriété à un huissier parisien, Maurice Rémy, qui l’occupe occasionnellement.

En 1940, lors de la bataille de France, le château est fortement endommagé par le souffle de l’explosion qui détruit le carrefour tout proche.

En 1945, plusieurs projets de réhabilitation sont menés par la municipalité sans qu’aucun d’entre eux soit retenu en regard du coût exorbitant de l’acquisition de l’édifice et des travaux de reconditionnement. Il est racheté en 1947 par un négociant stenaisien. Totalement rasé, à l’exception de la terrasse et des soubassements, il fait place en 1951 à une villa bourgeoise de dimension plus modeste qui n’a plus grand-chose à voir avec le précédent ouvrage. Les pierres de taille de l’ancien château sont utilisées après le second conflit mondial pour la construction de la nouvelle villa mais aussi pour celle de plusieurs immeubles d’intérêt public, condition indispensable pour bénéficier des dommages de guerre.

Villa des Tilleuls avec sa terrasse d’origine.

Source : bulletin municipal “Sous les Arcades” texte de Ph. Voluer

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