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sous le joug allemand

Les réquisitions allemandes.

Elles concernent déjà une partie de la population qui travaille au service de l’ennemi. Ce contingent peut être estimé à 130 ou 140 personnes. Les hommes sont principalement affectés dans les usines, aux chemins de fer, à la manutention et au gardiennage des animaux de boucherie. Les femmes sont essentiellement utilisées pour les travaux d’intérieur, de nettoyage, dans les lazaret et aux champs. Bien évidemment, ces prestations ne sont pas basées sur le volontariat mais sur le travail obligatoire et tout le monde doit être présent à l’appel du matin. Non rémunérés dans un premier temps, à l’exception des ouvriers de la scierie, l’ensemble des travailleurs se voit verser un salaire dérisoire.

Pour subvenir à ses besoins en main-d’œuvre, l’occupant utilise des prisonniers de guerre de diverses nationalités (Français, Belges, Russes, etc.). Tout contact avec ce personnel et toute distribution de nourriture à leur profit sont formellement interdits.

Pour pallier la pénurie de fibres textiles, des collectes d’orties sont régulièrement organisées avec un quota minimum à respecter. Cette tâche incombe essentiellement aux femmes, aux enfants et aux vieillards

Les effets de l’embargo allié se font d’autant plus sentir que le temps passe. En Allemagne les besoins sont tels que l’occupant démonte tout ce qu’il a sous la main pour alimenter l’industrie germanique. Les cloches, les tuyaux d’orgues, les cuves en cuivre, les fils électriques, les gamelles, etc. ; tout est transformé en matériel d’armement dans les fonderies allemandes.

Les forêts sont mises à sac ; les grumes partent pour l’Allemagne ou pour les tranchées ; les têtes sont utilisées en bois de chauffage. L’accès à la forêt est interdit ou très règlementé pour la population civile.

Les usines sont progressivement vidées de leurs machines qui embarquent directement pour l’Allemagne. Les maisons sont partiellement ou totalement occupées par la troupe. Les casernes servent de lazaret ou de cantonnement pour les prisonniers en attente de transfert.

Les châteaux sont systématiquement pillés par l’occupant ; coll. A.M. Stenay

L’occupant fait réaliser des inventaires fréquents d’animaux de boucherie et de basse-cour en possession de la population, pour la délester de ce qu’il estime être en surplus.

Vie quotidienne

Dans les villages où il reste du personnel enseignant, l’école est obligatoire ; l’autorité allemande veille tout particulièrement à ce que les enfants y assistent. Ce personnel est essentiellement féminin car les hommes ont été mobilisés dans leur grande majorité. À Stenay, deux institutrices dispensent leurs cours à l’école des filles, tandis que, pour l’école libre, une sœur enseigne à Saint-Joseph.

Pour limiter le nombre de bouches inutiles à nourrir, notamment les vieillards et les inactifs, l’occupant renvoie en France, une partie de la population via la Suisse. Il déporte de nombreux otages vers la Belgique et l’Allemagne. Certains se retrouvent même en Russie et en Lituanie. Ces personnes déportées sont nourries par l’intermédiaire du comité d’alimentation et vêtues grâce aux dons de la population locale.

À l’instar de toutes les villes occupées, Stenay est soumise à des contributions de guerre qui dépassent très largement le budget de la commune. Pour être sûr que le versement sera bien fait, les Allemands rassemblent un complément d’otages qui fait office de caution. Pour rassembler cet argent, le maire lance des appels à souscription auprès des notables de la ville et se trouve dans l’obligation de recourir à l’emprunt auprès de banques étrangères.

Stenay quartier général de la Ve armée

À partir de septembre 1914, le Kronprinz Impérial, chef de la Ve armée allemande, s’établit au château des Tilleuls où il organise des fêtes et des réceptions. Son quartier général est installé à l’école des garçons. De nombreux officiers généraux et supérieurs occupent les villas bourgeoises et les maisons de maître de la région.

Château des Tilleuls et poste de garde ; coll. A.M. Stenay
Réunion d’État-major à l’école de garçons de Stenay ; coll. A.M. Stenay

Le Kronprinz n’a pas vraiment de rôle opérationnel au commandement de son armée. Il passe le plus clair de son temps à se promener à cheval ou en voiture, à organiser des fêtes et à parader. Il rend visite à ses troupes quand le front est calme et distribue même des décorations. Il vit dans la hantise des bombardements aériens dont Stenay est régulièrement la cible. Il se fait construire un blockhaus au château des Tilleuls et fait poser un grillage pare-bombes sur les bâtiments voisins. Il mène une vie dissolue et reçoit de nombreuses maîtresses, dont certaines Stenaisiennes.

Pendant la bataille de Verdun, le quartier général de Stenay sera très actif et toutes les grandes décisions seront prises à partir d’ici. À chaque grand événement, il reçoit la visite de hauts dignitaires allemands.
Sa présence dans la commune semble avoir atténué les difficiles conditions de vie des habitants mais a vraisemblablement conduit à des contraintes supplémentaires.

Le kronprinz réside à Stenay jusqu’au début 1918. Il prend alors le commandement du groupe d’armée centre et établit son Q.G. à Charleville.

Situées à l’arrière-front allemand, Stenay et sa région sont le centre d’une importante structure hospitalière. De nombreux bâtiments publics ou privés sont réquisitionnés pour servir de lazarett ( écoles, hospices, casernes, églises, villas, châteaux, etc.).

Nouvelles casernes Chanzy aménagées en lazaret.  On remarque une petite chapelle érigée par l’occupant ; coll. A.M. Stenay
Caserne d’artillerie aménagée en lazaret ; coll. A.M. Stenay

La libération

Après les offensives allemandes du 1er semestre 1918, l’ennemi perd toute initiative. Les contre-offensives alliées des 18 juillet et 8 août, scellent définitivement le sort de l’armée allemande.

Le maréchal FOCH lance la 1re armée américaine sur le saillant de Saint-Mihiel qui tombe le 19 septembre. Le 26, il déclenche une offensive générale depuis la mer du nord jusque dans les Vosges. Entre l’Argonne et le saillant de Saint-Mihiel, elle est menée par la 1re armée américaine. Jour après jour, les villages tombent.

Le 7 novembre, la population des communes situés sur la ligne de front est évacuée vers la Belgique. Dans certains villages, les habitants sont retenus en otages par l’occupant. Le 9 novembre, le 61e régiment d’infanterie américain libère 700 otages, femmes et enfants, à Mouzay.

Les négociations de l’armistice sont en cours mais chaque armée se tient prête à en découdre, si elles n’aboutissent pas. Ainsi, les Américains pilonnent les positions allemandes jusqu’au 11 novembre à 11 heures, pendant que l’ennemi rase tous les bâtiments de la rive gauche de la Meuse, détruit tous les ponts et se positionne sur les hauteurs de la rive droite pour en interdire le débouché aux Alliés.

Stenay est libérée par les troupes de la 89e division d’infanterie U.S. Le retour des habitants dans leur village respectif se fera sur plusieurs mois.

Sources :

  • Photo de tête : kronprizenstrasse, A.M. Stenay Coll. Voluer, Série Z
  • A .M. Stenay

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